Au sujet de BORN

Recherche et évaluation

À mesure que BORN continue de recueillir des données pour atteindre son principal objectif de faciliter et d'améliorer les soins en Ontario, l'utilisation secondaire de ces données pour la recherche est également à la hausse. L'équipe de recherche et analyse des données (ERAD) de BORN comprend des chercheurs, des analystes de données, des épidémiologistes, des analystes de la recherche, des coordonnateurs de la recherche et des demandes de données, une spécialiste de l’application des connaissances et des étudiants diplômés. Outre son travail courant de surveillance et de déclaration effectué à l'échelle de la province, cette équipe entame des projets de recherche, en plus d'appuyer des projets de recherche externes et d'y contribuer.  
Picture of baby girl sitting on the floor writing a complicated math equation on the wall - out of the sight of her mother who is working in the kitchen

Pendant les deux années financières visées par le présent rapport, BORN a mis en œuvre trois grands projets de recherche utilisant une variété de méthodes. Le projet de Tableau de surveillance maternelle−nouveau-né examine le changement dans la pratique clinique dans tous les hôpitaux de l'Ontario associés à six indicateurs de rendement principaux. Nous explorons pourquoi certains hôpitaux subissent des changements radicaux, tandis que d'autres n'observent que des changements mineurs ou aucun changement. Des méthodes quantitatives mesurent le changement réel, et les méthodes qualitatives nous aident à mieux comprendre pourquoi le changement se produit ou ne se produit pas.

Quand le gouvernement subventionne de nouvelles initiatives, BORN présente souvent des soumissions pour effectuer l'évaluation. Au moment de la rédaction du présent rapport, nous sommes en train d'évaluer la mise en œuvre du programme AMPROOB (Approche multidisciplinaire en prévention des risques obstétricaux) dans les hôpitaux de l'Ontario et de parachever une évaluation de la première année d'existence des nouveaux centres de naissance à Toronto et à Ottawa. Les résultats de ces deux projets seront publiés dans l'année qui vient. Les principales constatations de l'évaluation des centres de naissance sont présentées dans la case verte ci-dessous.

Pour les projets externes, BORN collabore de près avec des groupes provinciaux et nationaux qui veulent utiliser les données. Avec environ 140 000 naissances par année, le volume et l'importance de ces données sont impressionnants! Par exemple, au cours des deux années financières visées par le présent rapport, les données de BORN ont été utilisées aux fins suivantes :
• établissement de liens avec le Réseau néonatal canadien en vue de déterminer le niveau de soins requis pour chaque bébé né avant terme à 30 ou 31 semaines dans la région du Grand Toronto
• en partenariat avec Dépistage néonatal Ontario, prédiction de l'âge gestationnel d'un bébé grâce à une méthode novatrice utilisant un petit échantillon de sang obtenu peu de temps après l'accouchement
• par le réseau de la région du Grand Toronto − pour déterminer si le risque de diabète gestationnel est supérieur dans les grossesses multiples
• par des étudiants de doctorat − un qui examine la relation entre les tests de dépistage prénataux et la fécondation in vitro (FIV), et un autre qui examine la relation entre la vaccination contre la grippe (influenza) et les résultats de santé périnataux (voir la case « Pleins feux sur la recherche » ci-dessous)

Cela nous amène à un fait saillant particulier de cette période. Nous avons achevé le premier transfert de données BORN à l’Institut de recherche en services de santé (ICES). Maintenant, les chercheurs qui ont besoin d'établir des liens complexes entre les données sur les soins prénataux et d'autres ensembles de données administratives ont accès à cette ressource, comme l'étudiant susmentionné qui se penche sur l'influenza. Des approbations pour utiliser ces ensembles de données corrélées sont en cours.

BORN aime appuyer la recherche! Envoyez-nous un message à research@bornontario.ca ou appelez-nous! Nous sommes heureux de travailler avec vous pour répondre à des questions et vous aider à améliorer les soins fournis aux mères et aux enfants.


Évaluation des centres de naissance : Deux centres de naissance − l'un à Toronto et l'autre à Ottawa − subventionnés par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario et dirigés par des sages-femmes ont ouvert leurs portes en janvier 2014. BORN Ontario a effectué l'évaluation de la première année d'activités de ces centres. Nous avons mesuré des indicateurs suivants : qualité et sécurité des soins, satisfaction des clients et intégration à la communauté de soins obstétricaux. Nous avons également effectué les calculs de coûts préliminaires. Un rapport final a été présenté au ministère en mars 2016.

Les soins fournis dans les centres de naissance ont un faible niveau d'intervention, ont entraîné peu de résultats négatifs et affichent un taux de transport comparable à celui qu'on trouve dans la documentation; ils sont bien intégrés au système de soins de santé pour la mère et l'enfant, et ils sont satisfaisants pour les femmes. D'un point de vue économique, le nombre réduit d'interventions dans la cohorte des centres de naissance démontre les économies potentielles pour le système (tout en admettant que les coûts de démarrage et les taux d'occupation nécessitent une enquête plus poussée afin de mieux comprendre les répercussions économiques).

Sur les 495 femmes admises à un centre de naissance pendant l'année pilote, 87,9 % (435/495) ont eu un accouchement vaginal spontané, quel que soit l'endroit de la naissance éventuelle, et 7,7 % (38) ont accouché par césarienne. Bien que 374 (75,5 %) des femmes qui comptaient accoucher au centre de naissance l'ont fait, 26,3 % (130/495) des mères ou des enfants ont dû être transportés vers un autre établissement de soins. Les taux d'intervention (épidural, stimulation du travail, accouchement vaginal assisté et césarienne) étaient considérablement plus élevés dans une cohorte correspondante de clientes de sages-femmes qui ont commencé le travail avec l'intention d'accoucher à l'hôpital. Lorsqu'il était contrôlé pour deux circonstances cliniques susceptibles de brouiller les résultats (césarienne précédente et indice de masse corporelle (< 30 et ≥ 30)), le coefficient de risque était toujours plus élevé pour toutes les interventions chez les femmes accouchant à l'hôpital, à l'exception de l'admission à l'unité néonatale de soins intensifs.

Les constatations découlant de cette évaluation sont conformes aux données probantes sur la pratique de sage-femme en général pour les accouchements hors de l'hôpital en Ontario, au Canada et à l'étranger. Dans la première année d'activités, les soins étaient conformes aux lignes directrices nationales, et les taux de morbidité et de mortalité, ainsi que les taux d'intervention, étaient faibles. Cette évaluation confirme la sécurité des centres de naissance de l'Ontario et la qualité des soins qui y sont offerts pour les femmes qui ont une grossesse à faible risque et qui recherchent une approche à faible intervention pour le travail et l'accouchement. À mesure que le nombre d'accouchements augmente, une évaluation plus poussée est nécessaire pour confirmer ces constatations.


 

Pleins feux sur la recherche : Deshayne Fell (épidémiologiste chez BORN de 2009 à 2016) a récemment terminé deux projets en utilisant les données du SIB liées aux bases de données administratives sur la santé de l’Institut de recherche en services de santé (ICES). Le premier projet (qui faisait partie de son doctorat) utilisait deux années de données BORN-ICES reliées pour évaluer si l'épidémie de grippe de 2009 chez les mères (selon les bases de données de l’ICES) était associée à un risque accru d'accouchement avant terme (selon les données du SIB). Elle a constaté que, même s'il n'y avait pas de risque accru dans la population obstétrique générale, les femmes souffrant de maladies qui les exposent à un risque accru de complications plus graves dues à la grippe (p. ex., maladies cardiovasculaires ou asthme préexistants) couraient un risque accru, surtout dans les derniers stades de la grossesse.

La seconde étude, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), a suivi une cohorte de nourrissons sur une période d'un an (à partir du SIB), en vue de déterminer si les taux de recours à des soins de santé liés à la grippe (dans l’ICES) pendant la première année après la naissance étaient différents chez les nourrissons nés de mères qui avaient reçu le vaccin antigrippal H1N1 pendant la grossesse, comparativement aux bébés nés de mères non vaccinées. L'étude n'a pas révélé de différences dans les taux de grippe chez les nourrissons vers la fin de l'épidémie, ni à aucune période subséquente (Fell DB et al., PLOS One 2016;11:e0160342).
Deshayne avait aussi déjà effectué un bon nombre d'études sur la grippe, dont une qui utilisait les données du SIB (Fell DB et al., Am J Public Health 2012;102:e33-40). En raison de ces contributions, elle a été invitée, en 2014, à se joindre au Groupe de travail de l'OMS sur la vaccination contre la grippe pendant la grossesse et continue de participer à de nombreux rapports et présentations en tant que membre de ce groupe.